Par Benjamin · Stay Sharp · Mis à jour le 16 octobre 2026

Le thème de cette chronique va être un peu spécial aujourd'hui. En effet, "Les Chroniques de Benjamin" ont été lancées sans crier gare il y a un mois de cela, et l'équipe de Stay Sharp n'avait jamais communiqué à leur propos sur les réseaux sociaux… et c'est chose faite aujourd'hui. Quoi de mieux, donc, que de vous présenter l'auteur de ces petites tranches de vie ?
Je m'appelle Benjamin, et je suis le plus jeune de l'équipe Stay Sharp en termes d'ancienneté dans l'entreprise… mais le plus vieux en ce qui concerne le nombre d'années passées sur cette belle planète. Je suis arrivé au Québec en 2009, afin de venir apprendre cet art qui allait occuper la majeure partie de ma vie de 2014 à 2026 : la lutherie. Cela consiste à construire des instruments de musique (à savoir les guitares acoustiques dans mon cas), chose qui aura son importance par la suite dans le cadre de mon métier de conseiller/aiguiseur à la boutique de Québec.
Le Japon a toujours eu une grande place dans ma vie depuis que j'ai l'âge de 8 ans. J'ai été en contact avec la culture nippone grâce aux films du studio Ghibli, et au manga Dragon Ball. S'en est suivie une adolescence marquée par moultes heures devant un écran, regardant tout ce qui se faisait en termes d'animes en tout genre… On peut donc dire que le terreau était fertile, et que la tournure qu'allait prendre ma vie avec l'embauche chez Stay Sharp n'est au final pas vraiment une surprise.
J'ai commencé à travailler avec des outils japonais dans mon atelier de luthier, il y a 9 ans de cela. J'ai donc dû apprendre à les aiguiser avec une approche complètement différente de celle adoptée avec les outils occidentaux. Pour vous donner une idée de ce que ça implique, vous avez juste à prendre en main un Yaganiba ou un Deba, couteaux que l'on appelle "single bevel". Vous pourrez noter que sur le dos de la lame, un léger creux est présent, c'est ce que l'on appelle "le Ura". Il permet d'avoir moins de matériel à enlever sur la pierre lors de l'aiguisage, ce qui nous accorde un gain de temps certain étant donné que l'acier dur (Hagane) est très très dur. Sur les outils japonais, ce creux est très prononcé et il requiert une approche certaine afin de ne pas changer la géométrie de l'outil… exactement comme un couteau.
Il va falloir demander à Olivier, le fondateur de Stay Sharp, ce qui l'a amené à répondre favorablement à ma demande d'embauche, mais je pense que tous ces éléments ont joué en ma faveur… même si je n'avais jamais approché un aiguisage de couteau de ma vie. Les choses qui changent la donne sont, entre autres, le double biseau, la géométrie en tant que telle, et les angles d'aiguisage... J'ai été formé par l'ensemble de l'équipe de Québec et de Montréal plusieurs semaines avant d'être amené à toucher mon premier couteau de notre clientèle adorée, et une fois la crainte initiale passée, je me suis découvert un nouvel Ikigai.
C'est donc le cœur rempli de reconnaissance et de joie que j'ai rejoint l'aventure Stay Sharp. J'espère que les Chroniques de Benjamin vous plaisent, et qu'elles vous aiguilleront dans votre propre aventure dans le milieu des couteaux japonais du mieux que possible. Au plaisir de vous rencontrer en personne, dans notre belle boutique de Québec !
Benjamin

